Accueil L'humeur d'Edouard Propale théâtre Septembre 2008

Propale théâtre Septembre 2008

Mormones, mormons,

L’été est fini, c’est triste et c’est vrai, il faut remiser ses lunettes de soleil, ranger ses tongs, resserrer le string, remettre un pantalon et charger sa carte Navigo. Il faut également réanimer son neurone, écrasé par la gravité estivale et les idées de fin du moi distillées par les programmes à haute teneur existentialiste de TF1, la conviction qu’on est rien, à la limite un puits sans fond ou peut être un trou, traversé par ce qui n’est pas tout à fait nous, qui n’est pas les autres non plus, juste un souffle dont on ne sait pas très bien s’il ne va pas nous faire éclater comme une vessie de porc, ne vient jamais avec autant de brutalité que devant un spectacle de marionnettes, boursouflées de leur propre importance, l’âme pleine des mensonges qu’elles se font pour se convaincre qu’elles ne sont pas seulement des ectoplasmes de chair, une verge moulée dans du Licra ou une fesse molle blessée par une ficelle. L’âme est le cri de la chair disait le jouisseur grec, je n’en suis pas sûr, il me semble que c’est l’inverse car je suis un peu poussiéreux du bulbe et que j’ai retenu les leçons de quelques vénérables barbus qui ne yoyotaient pas de la touffe et écrivaient des sommes sur des parchemins en se grattant le poil. Néanmoins, en voyant Nancy déclarer avec certitude que « son mec est trop grave le prince de ses rêves », je songe avec un peu de tristesse qu’il n’est effectivement pas révoltant de penser que son âme est comme le cri d’un slip dans le désert, inaudible et sans doute un peu absurde. Je trouve paradoxal qu’on ne se lasse pas aujourd’hui de vanter les facultés de l’homme à trouver en lui les conditions de son bonheur, comme si la confiance en soi pouvait suffire, alors que dans le même temps on produise des émissions où il est démontré que l’homme ne prend vraiment conscience de son identité que sous le regard des autres, on existe parce qu’on est visible, contradiction étrange et remarquable dont tout le monde se fout royalement car elle est totalement sans intérêt, à moins qu’elle ne permette de justifier un goût pervers pour les programmes de télé réalité. Ce petit laïus m’est venu ce matin en zieutant la couverture du magazine que mon honorable voisine de métro lisait, tout en introduisant un ongle manucurée dans l’orifice géant de sa narine d’australopithèque. Vanitae luxua bitur, citation latine inventée là, on the rock, pour vous faire plaisir et qui ne signifie rien. Les amiches, le temps est venu de reprendre ses habitudes théâtriques, de quoi nous regonfler le poireau identitaire, l’art est peut être un peu de ce souffle qui nous remplit bien plus sûrement que les pulvérulences (1-0) de la psychologie. A tous les mystiques de la terre donc, et à tous ceux qui savent que rien n’est vraiment grave :

Les deux canards 

Tristan Bernard

Théâtre Antoine

Avec Isabelle Nanty et Yvan Le Bolloch

22€

Jeudi 11 Septembre

Un dandy sentimental tombe amoureux de la femme d’un imprimeur qui le fait rédacteur en chef d’un journal d’extrême gauche. Malheureusement il tombe également amoureux de la fille d’un nobliau de province, propriétaire d’une feuille de droite… dont il devient rédacteur en chef. Quiproquos, poursuites vaudevillesques, parodies de débats politiques, situations graveleuses, tous les niveaux de comiques sont illustrés par cette pièce d’un auteur réputé pour son humour et ses bons mots. En prime, une réflexion pas inintéressante sur la réversibilité (et la futilité) de nos opinions politiques. C’est du théâtre privé, la place n’est pas bon marché mais les comédiens ont le label « Vu à la télé » placardés sur le front.

Fantasio 

Musset

Comédie Française

Mis en scène par Denis Podalydes

11€

Jeudi 25 Septembre

Fantasio est l’ami de Spirou, mais pas seulement, c’est aussi une petite pièce du brave Alfred qui raconte l’épopée mélancolique d’un petit bourgeois qui se retrouve bouffon à la cour de Bavière pour échapper à ses créanciers. Il y rencontre une gentille princesse promise à un grossier personnage, lui sauve la mise et se retrouve en prison, pour son plus grand bonheur. L’intrigue ne vaut pas tripette mais la langue est précieuse et poétique. D’autre part la mise en scène est signée Denis Podalydes (le Cyrano aux trois Molières) et c’est un ami depuis que j’ai attendu à ses côtés pendant dix minutes devant le théâtre de la Gaité, quelques uns d’entre vous, retardataires et insoucieux de ma hantise de l’horaire, m’ayant laissé seul comme une huître.

Comme toujours, la réponse doit être définitive et aussi rapide que possible,

Je vous lèche, le devoir m’appelle, kiffe,

Edouard.

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