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Inglourious basterds – Quentin Tarantino – EE

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Inglorious Basterds est un film plaisant. Quentin Tarantino ne surprend pas. De sa part, on n’attendait pas autre chose qu’une pochade gentiment régressive.

On croirait voir un cartoon de Tex Avery, les personnages sont caricaturaux, tirent des tronches impayables, jouent à la violence en secouant la glotte et finissent par découper des scalps avec des airs de garçon coiffeur. L’histoire, la grande, est à peine un décor, tout juste un cadre que le réalisateur étire à sa convenance pour y faire entrer un scénario abracadabrant. Un groupe d’américains mené par un Brad Pitt moustachu est parachuté en France pour tuer du nazi. Une française dont la famille entière a été tuée par un irrésistible colonel cherche à se venger. Propriétaire du cinéma dans lequel se déroulera la grande première d’un film de propagande, elle fomente le projet de faire brûler la salle et tous les invités sans savoir que les douze salopards du Pittbull préparent une opération similaire. Le scénario tient en deux lignes. La complexité psychologique des personnages en deux mots, je ne les ai pas encore trouvé.

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Le cinéma de Tarantino est un cinéma de l’emballage. Rien de profond, de rare ou d’essentiel dans ses scènes jubilantes qui semblent avoir été tournées pour le plaisir, celui du réalisateur et celui du spectateur. De la petite maison dans la prairie, le brave paysan français est un cousin de Charles Ingalls à Sergi Leone, Quentin lorgne du côté du western et aime les duels de fines bouches. Il ne dédaigne pas non plus citer ses propres œuvres car le bougre se prend pour un melon. On retrouve dans ce film toutes ses obsessions, le pied de Diane Kruger rappelle le panard géant d’Uma Thurman dans Kill Bill (Aaaah ! Mais non Emile, ce n’est qu’un pied), l’abattage de chef par l’application répétée d’une batte de baseball sur un lobe temporale a déjà été vu dans Boulevard de la mort, les bavardages futiles et interminables autour d’une table aussi et toujours du sang qui gerbe sur la pellicule, la violence est tordante devant la caméra de Tarantino, rien de grave, rien ne meurt, c’est un peu de sang qui s’en va et c’est joli, c’est frais, ça fait chanter les écureuils.

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Que le cinéaste nous serve à chaque film son lot de scènes attendues n’est pas gênant, en revanche qu’il ne modifie pas la manière de le faire l’est un peu plus. Dans Inglourious basterds, le chapitrage sent le procédé beaucoup plus que dans Kill Bill, la mise en scène du carnage dans le cinéma ne fait pas preuve d’une grande originalité tandis qu’on a déjà vu mille fois ces inserts calligraphiques accompagnés d’un coup de cymbale pour présenter des personnages particulièrement cruels. En regardant le film, on a parfois l’impression que Tarantino s’est amusé, qu’il a tourné les scènes qu’il voulait sans vraiment maintenir un fil conducteur. Cela donne des séquences exceptionnelles, la scène de la cave ou nos joyeux lurons retrouve l’agent double est une réussite, comme des scènes un peu longues, la première apparition d’Hitler est vociférante et inutile. Parfois il se trouve tellement génial qu’il étire la scène au delà du raisonnable, notamment lors des séquences d’interrogatoires, toujours extrêmement bien dialoguées, bien filmées, il maîtrise l’art du gros plan oculaire (cf. article sur les westerns) mais qui durent deux minutes de trop.

Le casting est impeccable, les filles sont très bonnes, Mélanie Laurent et son visage grave, Diane Kruger et sa germanitude triomphante, les garçons aussi. Brad Pitt en fait des tonnes mais ce n’est pas grave, il est très drôle. Dommage qu’il ne réussisse pas à maintenir son accent de gros ploucs durant toutes les scènes. Mike Myers fait une apparition qu’on aurait pu espérer un peu plus délirante. Christoph Waltz est phénoménal et mérite bien son prix d’interprétation à Cannes. Ça façon de dire « Bingo ! » restera sans doute dans les annales. On ressort de la séance en regrettant de ne pas l’avoir vu dans plus de films.

Le cinéma de Tarantino n’est pas un cinéma de la maturité, c’est un cinéma pour de grands enfants méchants qui veulent oublier la mort, une gerbe de sang jaillit sur fond de rock’n roll et c’est tout, rien de grave, tout est bien. Il faudra un jour que le brave Quentin songe à dire quelque chose. Pour l’instant, autant en profiter, c’est jouissif. EE.

Edouard.

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3 Commentaires

  1. frangin de sentenza et d'Edouard

    15 septembre, 2009 à 0:43

    ça me donne pas trop envie d’aller le voir, toutes façons il ne passera pas à SLM avant l’année prochaine…

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  2. frangin de sentenza et d'Edouard

    15 septembre, 2009 à 0:45

    pas envie d’aller le voir

    Répondre

  3. Edouard

    17 septembre, 2009 à 12:21

    C’est bon frangin, t’es validé en tant que commentateurs valide…

    Répondre

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