Episode 5 - Drague pédonculaire dans Les chroniques d'Edouard beart_e_1024

Mr Pédoncule entraîna le pauvre Edouard au rayon bien être de la librairie (1). Parmi les donzelles qui stationnaient devant les étagères, il repéra la plus plantureuse. La désignant du regard, il fit comprendre à son élève qu’il allait tenter une manœuvre d’approche. Edouard étourdi par les vapeurs d’œstrogènes s’appuya sur une colonne qui proclamait « Dites le avec vos fesses ». Le vieux professeur avait pour le dodu une concupiscence de grand pêcheur, les tailles déliées, les seins fermes, ne l’intéressaient pas. En revanche la plasticité des formes féminines le mettait dans un état proche de l’hébétude, la vue d’une cuisse de gelée anglaise fixait une ombre inquiétante dans son regard et il s’en fallait de peu qu’il ne grogne à la façon du phacochère quand il repère la bauge la plus odorante. Edouard était mal à l’aise, la librairie de la FNAC était son territoire, il y passait des heures, la truffe coincée dans mille ouvrages et l’attention si absorbée qu’il ne remarquait pas l’agacement des vendeurs, persuadés qu’il lisait à l’œil, ce qui n’était pas faux. Voir son petit paradis transformé en terrain de chasse pour vieux lubrique indisposait son âme enfantine. Et puis, il songeait à Georgette (2), la tendre amoureuse de Mr Pédoncule.

Celui-ci s’avançait vers sa proie. Gros matou décati au pelage de velours, il sifflotait un air de rien et s’approchait d’elle en jetant un regard négligeant vers les ouvrages disposés sur la table. S’emparant d’un livre un peu plus volumineux que les autres, il l’ouvrit et commença une lecture discrète fréquemment interrompue par des regards chargés de menace à l’attention de la belle odalisque. Edouard, dissimulé derrière une pile ne perdait rien du manège. Après quelques secondes d’inspection, le champ étant libre, Mr Pédoncule entreprit le siège de la forteresse et, par un moon walk exécuté avec toute la verdeur que lui permettait son âge avancé, il vint quasiment au contact de la citadelle mamellaire. Celle-ci resta de marbre, perdue dans un livre consacré à l’ouverture des chakras, elle ne remarquait pas le tromblon dégoulinant de stupre qui ahanait dans son dos. Afin d’attirer son attention, le satyre lâcha l’ouvrage qu’il tenait dans les mains sur le peton de la dame. L’ouvrage, une analyse comparée de la bible et du Coran avec texte intégral, pesait près de 5 kilos. Le petit peton de la dame s’en trouva sensiblement aplati. La jouvencelle glapit et tout son corps se plia comme un épais chamallow sous l’action de la flamme. La pauvre se tordait de douleur, en s’effondrant elle entraîna avec elle une pile de « Dites le avec vos fesses » et se retrouva les hémisphères bien calés sur la moquette, les chakras complètement obturés, un vieil imbécile en veste de velours la tête entre ses jambes.

Edouard supputa la faillite de la stratégie pédonculaire. L’honorable professeur avait la couperose des mauvais jours, soumis à la vindicte de la gorgone, il baissait la tête et se confondait en gargouillis inintelligibles ou flottaient des mots comme « Mademoiselle, la bible, le Coran, quand même.» Ainsi que « Les carottes sont cuites ». Pourtant il lançait à intervalles réguliers des regards entendus à Edouard comme si la situation était sous contrôle. Edouard qui voulait décaniller ne savait plus quoi penser.

Dans sa poche le vrombissement de son téléphone portable le fit sursauter. C’était Marie Chantal. « Rendez-vous samedi 20h studio 54. Rappelles-moi ». La gourgandine avait les foies pour l’émission de Guillaume Durand. Edouard s’éclipsa cinq minutes pour appeler l’héritière des porcelaines Brillance. Au bout du fil, elle était trouilloteuse à s’en faire péter la ficelle. Elle s’en voulait d’avoir accepté l’invitation du présentateur au poireau (3), papounet ne lui pardonnerait jamais et les sorbets au citron qui rappliquaient demain allaient voir d’un très mauvais œil la fille de leur fournisseur faire panpan-cucul à la télévision. Elle reniflait au téléphone. Edouard fut un peu dégoûté et promis d’être là pour l’enregistrement. Malgré tout, c’était lui qu’elle avait appelé et pas son militant UMP (4) à mèche.

Quand il revint à Mr Pédoncule, celui-ci était pédonculairement appuyé sur le coude contre un rayon et discutait fleurette avec la babouine.

Edouard.

(1) Pour savoir ce qu’Edouard et Mr Pédoncule ont vu avant d’aller à la FNAC

(2) Pour faire connaissance avec Georgette

(3) Le présentateur au poireau

(4) Anthropologie du militant UMP

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