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Le Roi Lion – Théâtre Mogador – EEE

C’est en écrivant n’importe comment qu’on raconte n’importe quoi, inspiré d’une histoire vraie. 

Le Roi Lion - Théâtre Mogador - EEE dans L'humeur d'Edouard roi-lion,410659Samedi soir, je suis allé voir Le Roi Lion au théâtre Mogador.

Au retour, dans le métro, un groupe de rascasses chalutait de la glotte et morpionnait tout le wagon. Une vioque leva son poireau pour mettre un terme à l’encornillage. Ressortissante du collège Jules Ferry de Saint Denis, le battage des olibrius lui rappelait les heures les plus sombres de son histoire. Sa gueulante fut accueillie par de méchantes grimaces et l’un des pétoncles brandit le majeur pour lui couper la chique. Calamity Jane se rencogna dans sa dignité en implorant de l’aide à l’entour. L’entour lui renvoya le regard d’une huître sans perle. Moi-même, je baissais le chef et coinçait mon museau dans la pliure de mon livre. J’avais les jetons en transe dans mon calebute. Voulais intervenir mais voyais dans la voussure de mon pensant des images pas folichonnes où mon esthétique était réformée d’un coup de cutter. Je zieutais la pauvresse, elle résorbait grave et fulminait contre le monde entier. Sur son front rose, de méchantes gouttes coulaient dans les ridules. Sous ses yeux secs la peau verte était moutonnée de larmes contenues, je me sentais coupable.

Le banc de murènes, noires comme en Abyssinie, continuaient ses dangereux palabres. Gueulant et sautant, ils importunaient de tendres sirènes en tripotant les écailles du bout de leurs nageoires bijoutées. Quand un poulpe plus aventureux entreprit de visiter la besace d’une humble soubrette, mon sang de gladiateur se figea et je me levais. J’étais le dernier templier, the last hero, j’avais envie de vider de la poiscaille. Saisissant par les tifs la sangsue la plus proche, je l’envoyais valdinguer contre la porte et collait ma face de carême sous son groin puant. « Petite râclure de bidet, encornet du troufingnole, vas-tu cesser tes connardises ? Chenapan. ».

La méchante bête avait les foies et je connus un bref instant de triomphe. J’étais le Roi Lion, le roi de la jungle, mon rugissement faisait trembler la piétaille piscicole. Après un bref moment d’hésitation, je lui tapotais le joufflu et dis « Vas t’asseoir ». J’étais sublime, j’en aurais pleuré. En me retournant, je vis que la tribu phacochère s’était rassemblée en une ligne fantassine. Je voulus les bénir. Il fallait donner à ses butors l’exemple de la miséricorde. Alors que je m’apprêtais à leur donner l’absolution, le plus dodu s’avança et me colla un gnon à me décoller la mâchoire léonine. J’accusais réception et sentis dans les dents un goût de fer, c’était mon sang. Il me vint à l’esprit une sentence confucéenne « Quand le renard mord, laisse mordre mais quand la mouche pique, écrases là ». La maxime ne donnait pas de ligne de conduite pour le morse, j’étais dans la panade. L’éléphant de mer allait me bourrer le mou, resterait plus qu’à servir mes abats au chat du voisin, je fis le vœu qu’on conserve mes rognons pour les réduire en onguent aphrodisiaque, ce serait mon lègue à l’humanité. Je me redressais, rassemblais mon catéchisme et tendis l’autre joue. J’attendis la baffe et priais Dieu qu’il m’accorde une mort lente et atroce afin d’expier toutes mes fautes, je suis jésuite. J’attendis dix, puis quinze, puis trente secondes et finalement ouvris les yeux. J’avais l’air con.

Une équipe de rugby entrée dans la rame à Châtelet tenait les hyènes en respect. Je criais « Sus, sus aux méchantes gens ! Tues ! Tues ! ». C’est ainsi que j’apostrophe mes chiens lors d’une chasse à courre, cela me semblait de circonstance. Je sentis un peu de réticence chez les piliers du stade de France. J’avais néanmoins gagné l’estime de l’institutrice qui me gratifia d’un smiley quand je rejoignis ma place. J’aurais aimé être porté en triomphe mais le bon peuple n’a pas d’imagination. Je donnais néanmoins mon numéro à la soubrette et lui dis de m’appeler si elle voulait connaître le secret du bonheur.

Les phoques sortirent du métro en promettant monts et merveilles. Près de la vitre, tout en me fixant du regard, le chef de bande passa un pouce de la taille d’un boudin créole sous son menton. Je susurrais « Je te pardonne Emile » et savourais les compliments que le tiers ordre me servait avec des mines d’admiration. Le cérébrospinal en fête.

Ceci était la critique du Roi Lion, je m’aperçois que je n’ai pas parlé du spectacle, ce qui est très vilain, d’autant que le spectacle mérite EEE.

Edouard.

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