Propale théâtre - Février 2010 dans Propales theatre diapo1f03c6ce5b276552cbcd7054423d9b07 

Le mois de Février est le mois de l’amour, l’horoscope du Parisien est catégorique. Un tendre hymen va obscurcir notre raisonnement, nous serons tendres, sucrés, candides. Nous aurons de l’eau dans les yeux, des papillons dans le ventre, un transit perturbé. Le jour de la Saint Valentin sera une épiphanie, le cœur tout serré de bonheur, nous proclamerons à la face du monde notre félicité.

Il est fort probable que l’être aimé apparaisse le treizième jour du mois, il faudra être vigilant et savoir reconnaître dans l’œil de sa voisine l’étincelle d’amour qui embrasera nos extrémités. Il est recommandé aux plus émotifs de porter un manteau long de façon à dissimuler l’expression de leurs chaleureux et bienveillants sentiments. Le dépôt d’un cierge à Saint Sulpice devrait assurer à votre doux attachement un physique amène ainsi qu’une paire de loches à faire rougir Jackie Sardou. Le dépôt de deux cierges agrémentera sa silhouette d’un centre confortable quoique peu soumis à la gravitation universelle. Trois cierges et l’objet de votre affection deviendra bégueule. Je conseille aux plus enthousiastes de limiter leur offrande à deux bougies.

Néanmoins l’amour est un oiseau rebelle, il pourrait se porter sur de mauvais sujets, ne faites pas la fine bouche et soumettez vous à sa dure loi. Si le treizième jour du mois, une vieille en culotte marron vous aiguillonne la tripaille par ses œillades coquines, ne vous laissez pas rebuter par son odeur et sauter sur l’occasion, elle ne se reproduira peut être plus. La culotte marron s’accompagnant généralement d’un râtelier, veillez simplement à ne pas le lui arracher dans l’urgence de votre désir. Il se peut également, dans l’hypothèse ou vous n’auriez pas accompli les dévotes prescriptions rappelées précédemment qu’une odalisque à la constitution vigoureuse entreprenne votre barbaque. Là encore, sachez accueillir votre destin. Les chaires indolentes dissimulent souvent de petits cœurs transis, sous le quinzième repli de son menton, vous découvrirez un univers, un nouveau monde à explorer. En revanche, ne vous laissez pas distraire par des jambes fines ou des cheveux brillants, si une jeune femme à la beauté séraphique glisse un cil dans votre direction, il s’agit probablement d’une erreur. A moins que toutes les paroisses de Paname soient illuminées par vos soins.

Le soir du jour fatidique, lorsque vous ramènerez votre filet, si aucun thon ne gigote dans ses mailles, si seules quelques moules tristes s’échouent lamentablement sur votre moquette, ne désespérez pas, l’amour ne doit pas être une cause de désespoir et mettez un disque de Céline Dion. J’ai lu un jour dans l’œuvre de Ludwig Wittgenstein cette phrase tout à fait stupéfiante « L’amour est le plus grand bonheur de l’homme », plus loin il assure « La plus grande détresse de l’homme et celle de l’homme seul ». Ces réflexions d’une profondeur insondable prennent tout leur sens quand on sait que ce brave Ludwig vécut dans une morne solitude et que l’amour qu’il éprouvait à l’égard de certains de ses étudiants s’estompait au fur et à mesure qu’il les fréquentait, c’est pourquoi il tentait de maintenir la plus grande distance entre lui et les objets de son affection. L’infortuné philosophe n’était pas doué pour la vie et c’est dans une sombre amertume qu’il finit par mourir. Son génie ne lui assura jamais le bonheur. Comme l’écrit Patrick Cébastien dans son autobiographie posthume à paraître en 2011, la quête du bonheur est plus facile pour un imbécile insensible que pour un philosophe émotif, les exigences sont moins grandes. Patrick Cébastien fut très heureux et même sa mort suite à une indigestion de cassoulet ne parvint pas à altérer l’expression de son riant visage, non plus que l’étrange homonymie de son nom avec celui d’un très célèbre animateur de cirque.

Je suis moi-même dans un état de grande disponibilité, je recherche une âme sœur de forme callipyge et dotée d’une intelligence peu formatée. Etant d’un commerce facile, je rappelle à la donzelle moyenne qu’il ne faut pas se fier aux apparences, le fond de mon caractère préférant l’ombre, la sophistication et la sinuosité des sentiments à la simplicité d’une affection sans ambages. Il me semble que l’emploi du mot sinuosité le prouve suffisamment. Je rassure cependant l’heureuse élue, hormis cette tendance à la perversité, je suis un compagnon sensible, valorisant et d’une éducation irréprochable. Rendez vous est donc pris à l’une ou l’autre des soirées théâtrales suivantes, je porterais un costume De Fursac, une besace en cuir véritable et une bible dans la main droite pour dire « Je le jure ».

 Les garçons et Guillaume à table - Guillaume Gallienne

 dans Propales theatre

Athénée – Théâtre Louis Jouvet – Jeudi 18

Pour Guillaume Gallienne, immense et désopilant comédien. 

La Vie Parisienne - Jacques Offenbach

Théâtre Antoine – Jeudi 25 – 20h30

Parce qu’un opéra bouffe ultra célèbre peut encore révéler des surprises lorsqu’il est revisité avec talent.

Edouard.

 

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