Coup de gueule - De Clémentine Autain chez Frederic Taddéi, du marxisme atteint de conjonctivite, où l'on apprend enfin qu'Edouard est un peu mesquin dans L'humeur d'Edouard ClementineAutain_20061008_1

Clémentine Autain est vilaine, elle croit tout ce qu’elle dit, ouvre bleus les yeux, prononce de graves sentences et geint doucement quand on l’approuve. Quand on lui dit non, elle fusille son interlocuteur, le mitraille de concepts bien affûtés, le réduit à l’état de réac, de nazi, de troufion et l’achève en l’accusant de virilisme. Car Clémentine est une femme, une femme qui a des principes, l’égale de l’homme mais elle enrage de vivre dans une société patriarcale, elle s’y sent un peu seule. On a beau lui dire que le patriarcat n’est guère en vogue en Europe, qu’il n’est à la mode que chez les musulmans et les dogons, elle se berce de ses propres mots, de son verbe rebattu, de sa fausse rhétorique qui est un bâton de gougnafier, elle tape, elle tape, oui mais des tapes d’ami, de cette sorte d’amitié Autaine qui vous crucifie la moelle et dont vous sentez bien qu’elle tient plus au mépris dans lequel on vous tient qu’à la considération qu’on a pour vous.

Clémentine est une femme qui en a, elle a des idées glacées de magazine, c’est bien pratique, la réalité est méchante fille, elle ne veut pas toujours rentrer dans les idées de Clémentine alors Clémentine minaude, susurre des slogans, enrobe son propos d’une couche supplémentaire de prêt à penser et la réalité finit par se plier aux caprices de Clémentine, bien sûr elle est un peu déformée, elle a mal au dos et ne se reconnaît plus mais enfin elle est bien à l’abri dans des concepts, elle peut se prélasser, Clémentine-Kapo veille.

Hier soir Clémentine-Kapo a encore sauvé le féminisme des griffes putrescentes des gens qui ne savent pas réfléchir, ces nigauds dont le jugement se base sur l’examen du réel quand il devrait se baser sur des idées, à la lumineuse Natacha Polony qui déclarait que les violences faites aux femmes étaient de deux sortes, l’une procédant des relations passionnelles au sein d’un couple, la psychologie y a une grande part, l’autre d’un environnement social et culturel produisant une pression diffuse, insidieuse et terrifiante, Clémentine-Kapo répondit qu’elle était raciste, qu’il ne fallait pas discerner les violences, qu’elles provenaient toutes de la même cause, le régime patriarcale et le pénis en guise de sceptre d’Ottokar. Bien sûr admettre les origines culturelles de la violence, c’est la porte ouverte à toutes les fenêtres, c’est l’ombre hideuse du racisme, c’est la bête, le malin, Clémentine est exorciste, elle sait bien que la culture dissimule de mauvais desseins alors elle fonce, décèle d’emblée les opinions délictueuses, celles qui exsudent le relent souffré du fascisme ordinaire et elle tue, tue, tue les méchantes gens, épure les consciences, tire sur l’ambulance.

Quand Clémentine explique le monde, le réel prend des vacances, il s’installe à côté d’elle, le menton dans une paume et l’œil dans le vide, il attend. Clémentine dit « viriliarcat », elle se gausse car elle trouve le néologisme osé, elle dit « le masculin » en pinçant les lèvres, on comprend que le terme recouvre un tas d’immondices, elle dit des mots très forts qui ressemblent à des idées, elle est dans le monde imaginaire, un pays des merveilles ou toute choses a une étiquette, un identifiant, le masculin, l’argent, la politique, les jupes, c’est très pratique. Un odieux individu prononce le mot qu’il ne faut pas et ça fait tilt, Clémentine accroche les wagons de son raisonnement, simpliste mais redoutable, « culture » donc différence donc discrimination donc racisme, « violence » donc misère sociale donc chômage donc capitalisme, « pape » donc religion donc église donc secte, on a envie de lui répondre « caravane » donc camping donc saucisse donc moutarde. C’est le défaut des marxistes, purs matérialistes, il croit que l’économie est le moteur de l’histoire, qu’une réflexion est un enchaînement logique d’idées, engrenage implacable de roues dentées qui tournent à vide car il y a de leurs idées au réel une distance telle que leur succession n’est qu’un exercice vain de rhétorique concupiscente et satisfaite. « Culture », oui, mais de quoi parle-t-on ?

Clémentine se fiche pas mal du réel, elle est contente d’elle, s’agite sur son cube de verre, s’écoute déblatérer en caressant sa cuisse et ne laisse la parole qu’une fois le paquet sujet-verbe-complément bien ficelé et déposé sur la table. Clémentine est bonne élève, ses mots sont choisis et elle s’applique. Elle connaît ses leçons, sait qu’il faut être contre les riches, la guerre, le mal en général, moins laide, elle aurait pu être Miss France. Parfois j’ai envie de l’embrasser quand elle parle de « redistribuer les richesses », je trouve ça mignon, ça lui donne un petit côté Mélenchon attendrissant, parfois je trouve qu’elle y va fort lorsqu’elle dit que Sarkozy est de droite ou que l’argent n’apporte pas le bonheur, Clémentine ose, elle se bat pour le bien, que ce bien soit un fantasme ne lui est pas encore apparu, son cerveau est un peu trop occupé à construire de jolies conjonctions, je prie pour que ce jour n’arrive jamais, l’irruption du réel dans son jeu de quille pourrait traumatiser durablement sa menuiserie. Clémentine, reste comme tu es, parfaite, prévisible, mignonne, vilaine.

Edouard.

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