Propale théâtre - Février 2011 dans Propales theatre DirtyDancing

Le mois de Février est le mois de la Saint Valentin, c’est-à-dire un mois que les célibataires consacrent le plus souvent à raser les murs.

Dans un de ces lieux branchés où l’on boit du gin tonic en susurrant « Comme c’est tonique », je croisais hier soir un individu de sexe féminin répondant au doux patronyme de Sixtine. Vêtue d’une combinaison en cuir de vache espagnole, vieille grippe en tenue de ville, la donzelle bassinait à mort, brassant l’air d’un subtil mouvement de popotin. Son cul exerçait une telle force centripète qu’il entraînait toutes les prunelles mâles du comté. Bien que disposant d’une éducation dont le moindre des mérites avait été de surseoir à l’avachissement progressif de mes lombaires par la délicate introduction d’un parapluie dans les voies les plus intérieures de mon anatomie, je subis moi aussi l’irrésistible attraction et c’est presque résigné que j’accrochais mon regard à la sphère bijoutée de son fessu. Au bout de quelques minutes, j’avais la tête en vrac, mon estomac rappela son existence d’une façon si inopportune que je jugeais plus sûr de retourner au bar, j’y avalais par mégarde deux pintes de vodka caramel.

Bien décidé à me montrer plus entreprenant, j’ouvris alors le dernier bouton de mon col de chemise, défis l’ourlet de mon pantalon et passais une main dans ma raie de cheveux. Je retirais enfin mes lentilles, si l’opportunité d’un délicat hymen devait survenir, je ne voulais pas être rebuté par un vilain furoncle, une moustache ou la petite vérole. Au cœur du conflit, Sixtine continuait sa gigue. Autour d’elle le cercle muet des hommes faisait des bulles. Pété comme un coing, je m’approchais de la chapelle en feignant l’aisance du séducteur andalou lorsqu’il revient de corrida. J’étais aussi naturel qu’un trait d’esprit dans un discours de Ségolène Royal. Arrivé à quelques centimètre de l’opulent derrière, je connectais un neurone penseur au programme « Bouges ton corps » de mon disque dur.

Rien ne se produisit.

Je ne m’étonnais pas, la dernière fois que j’avais utilisé ce programme remontait à une vingtaine d’année, j’avais sept ans et je dansais la bourrée auvergnate avec une petite cousine. Je me rassurais en pensant que sans mise à jour j’aurais couru le risque d’esquisser les pas d’un menuet ou d’une quelconque danse folklorique bretonne. Je tentais alors de plier les genoux, l’un après l’autre, à fréquence rapide, pour donner l’illusion d’un rythme, ravi de mon succès, j’osais lever une main, puis l’autre. Finalement j’inclinais la tête, donnant à mon chef un balancement décontracté du plus bel effet. Mon esprit, d’ordinaire peu enclin à laisser mon organisme se répandre, s’était rencogné dans un coin de ma conscience, abruti par l’éthanol, beurré, il considérait ce débordement libidineux avec impuissance, toutes ses forces étant concentrée au délicieux devoir de m’empêcher de vomir. Débarrassé de mon intelligence, j’entrais en frénésie, joli pays où les plus petites de mes articulations se trouvèrent réchauffées, huilées, soumises à des caprices de plus de plus délirants. J’étais Darty Dancing, le danseur des supermarchés.

Sixtine avait repéré mon petit manège, elle ne semblait pas s’en formaliser. Au contraire, j’eus soudain le sentiment que tout devenait possible et qu’il fallait travailler plus pour gagner plus, j’avais atteint le fond de ma raison et je grattais encore. Des images envahirent mon visionneur, de gros morceaux pleins de chair beuglaient entourés de callipyges et noires beautés, un troupeau de vaches normandes paissaient sereinement au bord d’une autoroute, Fréderic Taddei discutait avec Joey Starr. Je voulus pousser mon avantage, à l’instar de MC Hammer, rappeur peu proustien à l’élégance surannée, je fouettais d’une main négligente le fessu de la dame.

A la fin de la soirée, je remballais ma gaule, un œil violacé, Sixtine avait des bagues et savait s’en servir.

L’air vif du dehors ranima mon esprit, il me serina la sempiternelle rengaine d’après cuite. Je lui rappelais que je rentrais toujours seul, ce qui le calma. De toute façon, j’ai un faible pour les filles intelligentes. Sixtine ne l’était pas, ça se voyait à ses fesses.

En rentrant chez moi, je décidais d’écrire une propale théâtre. Rien de tel que le théâtre pour attirer les filles intelligentes.

La comédie des erreurs – Shakespeare

Théâtre des Bouffes du Nord – Samedi 12 – A la mode disco…

lever-de-rideau-9-dan-jemmett-monte-la-comedie-des-erreurs,M47982 dans Propales theatre

Un tramway nommé désir – Tennessee Williams

Comédie Française – Vendredi 25 – Tant qu’il y aura des places… (attention mise en scène peu classique)

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Edouard.

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