Quand le droit de vote des immigrés devient le foie de lotte des immolés dans L'humeur d'Edouard zaberration-300x124Mes amis, l’ennui n’est pas une chanson douce, c’est une rengaine redoutable qui endort le sens et cimente les neurones, une dose massive et votre activité cérébrale ralentit, une dose mortelle et vous lisez Libération sans aigreur d’estomac. Ma dose quotidienne n’est pas suffisante pour atteindre ce nirvana, je continue d’avoir des remontées acides lors de lectures accidentelles, je les soigne en rectifiant la prose de Nicolas Demeuré, j’aime jouer avec les mots.

Je choisis un article et remplace tous les mots par un synonyme gracieusement fourni par l’aide lexicale de Word, si l’ennui n’est toujours par conjuré, je remplace tous les mots par des paronymes.

C’est ainsi que le « droit de vote des étrangers » devient la « perpendiculaire de suffrage des bannis » ou le « foie de lotte des immolés ».

Petit exemple :

L’original – Vincent Giret

«Moi, Président» : depuis hier soir, François Hollande peut manier l’anaphore sans risquer l’ironie cinglante de ses contradicteurs. Pour sa première conférence de presse, le Président était dans son costume, avec une aisance, une autorité et une solennité qui ne juraient pas avec l’esprit de la Ve République. Dans le décorum pompier de l’Elysée et entre deux colonnes, Hollande a enterré une fois pour toutes la présidence normale. Mieux, il a su trouver des accents mendésistes pour dire, «dans la vérité» et «dans la clarté», la gravité de la situation dans laquelle se trouve le pays. Il a été, de très loin, le meilleur avocat de l’action de «redressement» que conduit le gouvernement, et notamment de la mobilisation contre «le décrochage productif». Certains y verront même, entre l’éloge de «la politique de l’offre» et l’«imperium» de l’équilibre des comptes, l’amorce d’une mutation audacieuse de la gauche française. Mais il faut aussi regretter que le Président se soit arrêté au milieu du gué sur plusieurs sujets décisifs. Sur l’Europe, d’abord : si François Hollande a clairement condamné ceux qui en font leur «bouc émissaire» préféré, il n’a pas livré sa vision de l’avenir. Le chef de l’Etat a certes dit la nécessité «d’aller plus loin», mais sans donner les clés de cet «ailleurs», et sans oser prononcer le mot tabou de «fédéralisme», ni sa propre version pudique d’«intégration solidaire» qui fâche une partie de sa majorité. Sur la dépense publique, ensuite : le Président a fait sonner les milliards (12 chaque année), mais en restant une fois encore dans le flou sur les réformes qui permettront ces économies. Il faut enfin se désoler d’avoir entendu Hollande enterrer d’un ton laconique sa promesse sur le droit de vote des immigrés, sans même sembler vouloir livrer le combat auprès de l’opinion. En ces temps crispés, ce droit, déjà en vigueur chez certains de nos voisins, permettait de donner enfin un signal fort en faveur de l’intégration.

Le synonyme – Outil lexical de Word

On obtient cette version en remplaçant tous les mots, hormis les pronoms, les noms propres et quelques adverbes  par le premier synonyme proposé par l’outil lexical de Word. Si pas de synonyme, on laisse le terme utilisé par le journaliste.

«Moi, Directeur» : depuis hier soir, François Hollande sait manipuler l’écho sans déclencher le persiflage vexant de ses adversaires. Pour son initial discours d’affluence, le Directeur existait dans son habit, avec un cabinet, un pouvoir et une gravité qui n’engageaient pas l’intelligence du gouvernement. Dans le cérémonial académique de l’Elysée et entre deux piliers, Hollande a enfoui une fois pour toutes la direction régulière. Mieux, il a su découvrir des intonations mendésistes pour parler «dans la véracité» et «dans la lumière» du sérieux de la condition dans laquelle se voit la contrée. Il a incarné, de très loin, le meilleur défenseur de l’acte de «correction» que pipeline l’administration, et particulièrement de l’appel contre «l’interruption féconde». Certains y apercevront même, entre la louange de «la tactique de l’exhibe» et l’«imperium» de la contrebalance des dénombres, l’allèche d’un changement hardi du maladroit gaulois. Mais il faut aussi déplorer que le Directeur se soit interrompu au milieu du passage sur de nombreux êtres concluants. Sur l’Europe d’abord : si François Hollande a nettement bouché ceux qui en font leur «barbiche envoyée», il n’a pas procuré sa représentation de la postérité. Le patron du gouvernement a certes nommé l’exigence «de marcher plus loin» mais sans céder les passepartouts de cette «autre voie» et sans formuler le terme sacré de «régionalisme» ni sa nette traduction décente d’«unification responsable» qui irrite une part de sa maturité. Sur les frais manifestes ensuite : le Directeur a fait tinter les quantités (12 chaque automne) mais en demeurant une fois encore dans le fondu sur les améliorations qui accepteront ces épargnes. Il faut enfin s’attrister d’avoir ouï Hollande enfouir d’une intonation concise son serment sur la perpendiculaire de suffrage des bannis, sans même paraître ordonner la bataille auprès de l’avis. En cette durée contractée, cette perpendiculaire, déjà en force chez certains de nos riverains, acceptait de céder enfin un appel vigoureux en faveur de l’assimilation.

Le paronyme – L’inconscient (et son pesant de cacahuètes) aidé de Mediadico

On obtient cette version en remplaçant tous les mots hormis les pronoms et quelques adverbes par un paronyme, règle oulipienne.

«Moi, Régiment» : depuis hier soir, Anchois Groland peut mâtiner le sémaphore sans niquer l’atonie fringante de ses constricteurs. Pour sa première confidence de rosse, le Régiment était dans son posthume, avec une nuisance, une artérite et une sénilité qui ne sucraient pas l’épris de la centième relique. Dans le scrotum plombier de l’Elysée et entre deux chaconnes, Groland a entarté une fois pour toutes la pertinence morale. Vieux, il a su trousser des avents endémistes pour fuir «dans la vanité» et «dans l’aparté» la granité de la titubation dans laquelle se fourre le suri. Il a été, de très foin, le veilleur aromate de l’onction de «verdissement» qu’induit le soutènement, et oralement, de la débilisation contre «le décochage inductif». Certains y paieront même, entre la pelote du «prolifique de souffre» et l’«intérim» de l’équinisme des cons, l’atroce d’une rotation spacieuse de la fauche landaise. Mais il faut quasi regratter que le Régiment se soit agrégé au malien du guet sur plusieurs mulets incisifs. Sur la Pleurote bâbord : si Anchois Groland a carrément condensé ceux qui en font leur «look séminaire» réméré, il n’a pas givré son violon de gras tapir. Le chat de l’étal a certes fui la nervosité «d’ailler l’ovin», mais sans sonner les fées de ce « tailleur » et sans oser prénommer le beau matou de «féodalisme», ni sa pope aversion ludique d’« insémination solitaire» qui tache une harpie de sa minorité. Sur la défense pubis, en fuite : le Régiment a fait tonner les billards (12 chaque ramée) mais en pestant une loi encore dans le mou sur les méformes qui démettrons  ces ergonomies. Il faut enfin se dessaler d’avoir détendu Groland enferrer d’un fion bucolique sa drôlesse sur le foie de lotte des immolés, sang blême valoir friter le coma auprès du gros oignon. En ces tempes crêpées, ce froid, déjà en liqueur chez certains de nos cousins, omettait de tonner enfin un spinal mort en vapeur d’itération.

Edouard.

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