Homeland - Howard Gordon et Alex Gansa - EEEE dans Le cine d'Edouard imagesDans Homeland, une jeune femme blonde est agent secret, elle travaille pour la CIA, agence gouvernementale chargée de faire régner l’ordre dans l’univers. Elle s’appelle Carrie, toutes les américaines s’appellent Carrie, elles écrivent des chroniques à New York, font trembler les murs au bal de promotion ou luttent contre les barbus. Dans la série, les barbus se déclinent en différents modèles, barbu-gentil, barbu-papa, barbu-terroriste, après l’axe du mal, voici l’axe du poil, Bibiche rase gratis.

Après huit ans d’emprisonnement en Irak, un marine américain revient au pays, sa pilosité le rend suspect, Carrie soupçonne le traître. Il a beau être aussi roux qu’un cul de poule, son petit œil pétille, un œil qui pétille est vicelard, c’est une loi ophtalmologiste. Personne ne la croit, elle est bipolaire, schizophrène et nymphomane, qualités peu goûtées par l’administration américaine. L’héroïque soldat accède bientôt aux tribunes publiques, sa popularité atteint des sommets, il est protégé par un vice-président méchant, la mèche ne trompe pas, et républicain. Carrie tient bon, elle s’obstine, espionne et grappille, les soupçons se confirment mais toujours pas de preuve. Converti à l’islam, Brody, c’est le nom du fielleux, dispose d’un tapis de sol dans son garage et d’une bassine argentée, matériel autrement plus explosif qu’un bidon de nitroglycérine, il ment à sa femme, éprouve des difficultés à faire l’amour, n’en jetez plus, le gars est louche. En tous les cas, il ne peut pas être patriote, un patriote sait dresser un étendard.

La saison 1 de cette formidable série est l’histoire d’une obsession, l’obsession d’une blonde pour un rouquin. Au fil des épisodes, un trait d’écume s’allonge au coin des lèvres, répugnant effet de télévision, l’angoisse est telle qu’interrompre son attention le temps de refermer la mâchoire serait un temps gâché, le suspense est davantage entretenu par l’attente d’une confrontation psychologique que par une action échevelée, le drame est réaliste, les hommes sont humains, ils ont des sentiments, des intuitions, des nerfs plutôt que des muscles. Le sort de l’Amérique intéresse moins que le destin de Carrie, c’est assez malheureux mais l’amateur de télévision est hydrocéphale, son esprit est plein des larmes de son cœur.

A la fin de la saison 1, fantastique dernière épisode, tout est à recommencer. La saison 2 est à la fois moins réaliste et plus attendue, elle démontre néanmoins la même habileté à suspendre le souffle. Très réussi. EEEE.

Edouard.

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