La gauche contre le réel - Elizabeth Lévy - EEE dans Les lectures d'Edouard gauchereel-187x300Mes amis, mes amours, apprenons à distinguer la gauche de la droite.

La gauche est tubéreuse, rose, parfumée, la droite est un oignon, noir, au goût de terre. C’est la définition des botanistes, la seule qui vaille, l’homme est poussière, il est un végétal illuminé, une  âme dans un brin d’herbe. Les partis politiques se répartissent le long de la tige, près du sol l’UMP, dans les airs le parti socialiste. Les fleurs sont à Mélenchon, les radicules à Marine Le Pen. Les écologistes sont à côté, semence stérile. On mesure à cette distribution l’état de grande dépendance de la gauche, elle n’existe que par la droite, son existence est réactionnaire, elle est Dieu mais seulement par théologie négative. On constate par ailleurs que la droite donne des fruits à gauche, c’est le paradoxe de l’échalote, ironie amusante qui n’amuse pas les éditorialistes de Libération.

La gauche vit dans les airs, elle est soumise aux vents, aux modes, elle est emportée par la bourrasque des idées, elle est jolie à voir, légère et changeante. La droite est irrémédiablement accrochée au sol, peu susceptible de connaître de grands arrachements, elle se nourrit de la terre et la terre bouge peu. C’est la gauche qu’on admire, on la prend en photo, on la flatte, de gentils moucherons la décorent, sucent son précieux sébum et finissent par en dresser un joli tableau plein de couleurs dans les colonnes des magazines, c’est l’empire de l’idée, du possible, de la bienheureuse prophétie du progrès. La droite n’est défendue que par de méchants scarabées qui roulent des mécaniques en poussant devant eux la boule grisâtre du réel, c’est fastidieux, peu ragoûtant, ça vous donne des envies d’air pur et de ciel bleu. Le scarabée est conservateur, il n’aime pas l’éther plein d’illusions où flotte la ramure, il a peur du vide et de l’espace infini, sa nature de cloporte le dispose au sol, au labour, au pénible travail du réel.

Le pamphlet d’Elizabeth Levy, La gauche contre le réel, expose les griefs du scarabée à l’égard de la charmille. La charmille attire les mésanges, elle est pleine de grâce, elle ensorcelle et dissimule la réalité, le réel n’est plus qu’un sol de plus en plus lointain, de moins en moins appréciable. La gauche se berce d’illusions et accuse les bousiers d’être de vulgaires partisans de la réaction, Zemmour, Finkielkraut, Levy, même combat, celui de détruire l’espoir d’un monde idéal où les hommes vivraient heureux, des gens bons à en crever de bonheur.

Le livre de la créatrice de Causeur illustre à merveille la définition de la pensée de droite que donne Emmanuel Terray dans Penser à droite, petit essai sans prétention qui tente de discerner l’unité dans le divers. La droite défend l’ordre établi, préfère la liberté à l’égalité, ne reconnaît pas nécessairement le progrès dans l’innovation, défend l’individu moral que nul universel abstrait n’épuise (l’ « Homme » n’existe pas) mais concède la permanence d’une nature humaine marquée par le mal et déliée de la culture, accorde plus de crédit au bon sens qu’à l’intelligence spéculative, ne considère une idée qu’à mesure de son affinité avec le réel, on voit par là que le titre d’Elizabeth Levy enfonce une porte ouverte. La gauche n’a que faire du réel, elle rêve, examine les possibles, imagine la France en 2025, envisage l’homme comme un argument raisonnable, en tous les cas rationnel, pense à long terme en édifiant des avenirs radieux, des lendemains qui chantent pour un homme à l’identité construite, fondée sur la culture.

A propos de tous les sujets qu’aborde Elizabeth Levy pour rendre compte de l’aveuglement idéologique de la gauche aujourd’hui, la laïcité, l’immigration, le racisme, les Etats Unis, les banlieues, on peut reconnaître deux partis, celui du réel, il refuse les conclusions lénifiantes, les jugements universels, et celui du bien, camps de la gauche, bercé par les espoirs chimériques et l’obsession du changement. Il n’est pas étonnant que le second parti soit celui qui entraîne l’adhésion des médias, le bien, l’ouverture aux autres, l’amour et les petits oiseaux n’oblige pas à la dépense en matière d’intelligence, l’analyse du réel mène au contraire au doute, à la nuance, à l’effort, elle ne se contente pas de slogans et ne brandit pas de grands panneaux colorés pour signaler au bon peuple ce qui est mal, ce qui est bien.

Le livre d’Elizabeth Levy permet de recenser toutes les affaires ayant récemment mis à jour l’obsession inquisitoriale de l’empire du bien, on dénonce les journalistes soupçonnés de connivence avec la réaction, on dresse des listes d’hommes à écarter des tribunes publiques, on condamne sans juger, on juge sans savoir, on évoque des climats anxiogènes, une islamophobie rampante, on se gargarise de belles idées tout en lançant des anathèmes à glacer le sang. On cherche à débusquer le Breivik auvergnat, l’hydre xénophobe a les traits transgéniques du pauvre Galliano, le mot de trop et c’est la relégation, l’ère du temps bruisse de mots gélatineux qui recouvrent le réel avec autant de précision qu’un niqab une catho tradi. Le mot est la mesure de la pensée, il suffit à instruire le procès des méchants. L’affaire Merah1, la diffusion sur Facebook du visage ensanglanté d’un homosexuel, les leçons d’histoire non conforme de Vanneste2, la mort de Clément Méric3, Richard Millet4, autant de secousses médiatiques dont l’écho tient moins à l’analyse circonstanciée des faits qu’au sémaphore des vertus obligatoires. C’est de la pensée mécanique, de l’indignation globulaire, du réflexe de ruminants twitters.

Elizabeth Levy a beaucoup de talent et d’humour, recommandable. EEE.

Edouard.

1 – Voir l’indignation grandiose de nombre de ténors de gauche suite à l’assassinant des deux soldats d’origine maghrébine, le racisme gangrénait le cœur des braves gens, on accusait ceux qui répandaient la peur de l’autre etc… Quand il devint clair que le coupable n’était pas un souchien amateur de tuning, l’affaire perdit son caractère symptomatique, elle ne fut plus qu’un fait divers, un acte isolé.

2 – Au cours d’un entretien accordé à une petite chaîne locale du nord de la France, le sulfureux député Vanneste affirma qu’il n’y avait pas eu de déportation d’homosexuels (en raison de leur homosexualité) depuis la France au cours de la seconde guerre mondiale. Il avait raison, interview de Serge Klarsfeld ou Jean Luc Shwab. Il fut néanmoins poussé à la démission et accusé d’homophobie, accusation qui vaut condamnation.

3 – L’affaire déchaîna les discours fleuves et la poésie lacrymale de Libération. Quelques semaines plus tard, pas d’écho des premiers résultats de l’enquête dans la mire des gens bons (Libération pour les nouveaux venus). Peu conforme à la poésie . Le réel a la peau dure.

4 – Voir l’article dans ce blog

Lire aussi :

La mire des gens bons

La démocratie conchylicole

Fabrice Lucchini lit Philippe Muray

Le bien, une théologie négative

La Moule et le Néant

La victoire de l’Esprit ou le déclin de l’âme

Et bien d’autres dans :

L’humeur d’Edouard

8 Réponses à “La gauche contre le réel – Elizabeth Lévy – EEE” Subscribe

  1. Vianney 21 août 2013 à 22:33 #

    « l’analyse du réel mène au contraire au doute, à la nuance, à l’effort, elle ne se contente pas de slogans et ne brandit pas de grands panneaux colorés pour signaler au bon peuple ce qui est mal, ce qui est bien » vous parlez de Guillaume Peltier là :) ?

    Rapide tour d’horizon :

    Zemmour bien sympathique mais il dit le plus souvent n’importe quoi.
    Finkielkraut, c’est du BHL bis. A peu près, pas à lire sérieusement en tout cas.
    Lévy, plutôt gentille (elle m’a même très aimablement passé le mail de Michéa) mais pareil, ses articles c’est du Muray’s digest (digest des pires aspects de Muray d’ailleurs), le style en moins.
    Millet, c’est un con simplement http://www.juanasensio.com/archive/2011/06/16/enfer-du-roman-richard-millet-editions-gallimard.html#more
    Ménard, c’est l’idiot du village

    Droite, ça ne veut rien dire. Conservateur, Libéral, oui. Demandez aux libéraux ce qu’ils pensent de Zemmour.

    Ps: si vous croyez que « la gauche » (quoi que ça puisse dire), c’est Rhokaya Diallo et Cécile Duflot, c’est vous qui naviguez dans l’éther.

    Ma gauche, ce serait plutôt Michael Sandel, Orwell et Casto. Et Mickael Wamen

  2. Edouard 22 août 2013 à 11:58 #

    J’aime assez votre tour d’horizon, très subtil, très nuancé, Zemmour, Finkielkraut, Millet et Ménard, des imbéciles heureux, heureusement sans gravité. Merci de m’éclairer sur la véritable nature de ces aimables cloportes. Des jugements qui illustrent à merveille les propos de cette gourde d’Elizabeth Lévy.
    Quant au reste, je vous rejoins partiellement, la droite comme la gauche regroupe aujourd’hui des courants si différents qu’il est parfois difficile d’en discerner la cohérence. Néanmoins je vous invite à lire l’ouvrage auquel je fais discrétement référence: Penser à droite d’Emmanuel Terray, une tentative assez louable d’identifier les dispositions d’esprit communes à tous les penseurs de droite à travers l’histoire. L’auteur vote Mélenchon, il sait de quoi il parle.

    Vous oubliez Jésus Christ et Casimir dans votre gauche :) Pardon, je suis taquin.

  3. Vianney 23 août 2013 à 12:13 #

    :) Pas du tout contre vous le tour d’horizon, je vous lis avec bien plus de plaisir que tous les susnommés. Le problème plus largement avec Elisabeth Lévy, c’est qu’elle n’est ni vraiment journaliste (grosso modo pour moi journaliste = enquêtrice. Type Philippe Garnier par exemple pour en citer un exemple éminent), ni philosophe. C’est une commentatrice, en fait, comme un Barbier, mais sur un autre créneau. Elle se présente comme anti-moderne, mais je trouve son goût immodéré pour la polémique inutile et creuse très représentatif de ce qu’est devenu l’info ajd http://www.marianne.net/L-hysterie-polemique-stop-ou-encore_a229932.html. Je suis désolé, je suis de bonne foi, je les trouve tous authentiquement mauvais :) Je n’ai pas de problèmes avec leurs idées (qu’ils ont toute latitude d’exprimer, qu’on songe à Finkie, invité -Dieu sait pourquoi- partout), je trouve qu’ils les expriment sans talent aucun. Pas que ce soit très grave.

    Honnêtement, je ne pense pas lire le Terray. Bien que plutôt coco sur les bords, je crois assez à la bonne vieille division du travail ; la philosophie aux philosophes, l’histoire aux historiens et les vaches seront bien gardées. Je me procurerai les Libéraux Français de Girard et les Droites en France de Rémond, quand ma bourse me le permettra, peut être les avez vous lus ?

  4. Edouard 26 août 2013 à 9:55 #

    Je n’ai pas lu le second mais Terray en fait une bréve recension dans son essai, il n’en tire que la tripartition traditionnelle (légitimiste/orléaniste/bonapartiste), la faute à l’exercice, son ouvrage fait 70 pages, celui de Rémond est une somme de référence, parue chez Flammarion me semble-t-il, peut être me laisserai-je tenter. Ou par celui de Julliard sur l’histoire des gauches :) il vient de paraître, avec la même ambition. Je ne connais pas le premier.

    Bien aimé le lien Marianne.

    Cela dit, la liste des oeuvres qui « dessinent » votre gauche m’intéresse, même si j’en ai déja une idée assez précise…
    Bonne journée

  5. Vianney 30 août 2013 à 1:38 #

    Casto (fanatique ; le meilleur livre d’introduction est celui d’Arnaud Tomès et de Philippe Caumières), Michéa (sans être un dévôt), Michael Sandel, Bouveresse. Assez peu de goût pour Bourdieu (j’aime bien sa revue par contre), dont je trouve la langue rebutante. Marx, j’en ai lu un…  Pas lu Gramsci, ni Lukacs, ni Debord… Sinon Badiou beurk, et Rancière bouarf pour ce que j’en ai lu.
    Mais je lis beaucoup plus de littérature ou d’histoire que de philosophie. Pour ce qui est de la littérature, ce n’est quasi en ce moment que littérature française ou anglo-saxonne (je préfère lire en VO – je n’ai quasiment pas lu de littérature allemande ou italienne). Côté français, je vénère Céline, Bernanos (les rares auteurs dont j’ai envie de lire vraiment TOUTE la production – ce qui me paraitrait impensable avec disons Mauriac ou Gide), Blaise Cendrars, Albert Cohen, plus d’autres grands classiques (rien d’inattendu mais c’est divers ; j’ai aussi bien adoré l’argent de Péguy que le feu follet de Drieu). Côté Anglo-saxon, Miller, Steinbeck, Orwell, le Buk, John Fante que j’adore. Plus là encore des classiques dont j’ai lu 1 ou 2 livres. Plus Lester Bangs, vu que j’aime lire sur le Rock. Rien de très surprenant non plus là encore. J’en suis encore à débroussailler les classiques.
    Côté histoire, je lis beaucoup sur la Guerre Civile Espagnole (Les meilleurs témoignages : Hommage à la Catalogne d’Orwell, très beau, et Spanish Cockpit de Franz Borkenau), la Commune (les meilleurs : ceux de Rougerie, le Robert Tombs publié chez Aubier (vous pourriez l’avoir sans rien débourser du coup non  ?). Howard Zinn, évidemment. Paul Avrich pareil (pas grand-chose publié en français). Des auteurs anarchistes, plus des ouvrages sur l’anarchisme (Le meilleur pour l’instant : Anarchisme et changement social de Manfredonia). Et Bernard Lambert !!

    Je n’ai pas lu l’histoire des gauches de Julliard, mais j’ai lu 2 de ses premiers ouvrages « Clémenceau, briseur de grèves » (moins virulent et beaucoup plus universitaire que le titre ne pourrait le laisser penser) et « Autonomie ouvrière, études sur le syndicalisme d’action directe », j’y ai pris beaucoup de plaisir. Mais je me méfie du principe même d’un livre comme l’histoire des gauches… Surtout que Julliard maintenant… Il est plus historien ! Il est à craindre que la pratique assidue du journalisme ne lui ait pas été bénéfique. A la rigueur, je recommanderai plutôt Histoires des Gauches en France dirigé Becker et Candar, qui est un ouvrage collectif donc moins suspect de partialité (les deux tomes doivent faire 1000 pages par contre). Ou même la vieille histoire générale de Jacques Droz avec que des cadors Madeleine Rebérioux, Pierre Vilar, François Bédarida, Annie Kriegel… Lu que le tome 2 (1875-1918), c’est très bien.
    Question idiote ; combien de livres lisez-vous par mois (ou de pages) ?

    Ah, un livre qui ne manquerait pas de vous intéresser (je l’ai pas lu, mais en ai entendu le plus grand bien) A La gauche du Christ Les chrétiens de gauche en France de 1945 à nos jours.

  6. Vianney 30 août 2013 à 1:40 #

    Ah merde, j’allais oublier et Jules Vallès aussi !! L’insurgé !!

  7. Edouard 2 septembre 2013 à 15:01 #

    Céline, Bernanos, Peguy, Drieu la Rochelle, ne manque plus que Bloy, un Panthéon que ne renieraient pas d’autres lecteurs, beaucoup moins bien intentionnés et certainement moins à gauche:) Le style n’a pas de couleur politique, il exauce la pensée, mais, s’il la rend désirable, il ajoute à sa valeur purement spéculative un brillant qui la transforme en objet esthétique, danger peut-être. Choix d’autant plus étonnant quand on examine vos goûts en littérature étrangère, plus conforme à ce qu’on pourrait attendre de la part d’un « coco sur les bords », Orwell, Steinbeck. Avec Bukowski, je me serais attendu à trouver quelques auteurs beat comme Kerouac ou Burroughs. En tous les cas je partage ces admirations, une littérature à l’estomac!
    J’ai moins le goût de la théorie ou de l’histoire que vous, j’ai lu Castoriadis graçe à vous, Michéa et quelques autres généralement répertoriés à gauche, mais je préfère les ouvrages moins tendancieux, Manent, Gauchet, Aron etc… J’ai de toutes façons plus d’intérêt pour les matières moins sociales/politiques, la théologie, la métaphysique, Simone Weil :) Simone Weil qui manque par ailleurs dans votre gauche (enfin, c’est mon opinion).
    Enfin, pour répondre à votre question, je lis trois livres par semaine, un petit, un moyen et un grand: je les classe par épaisseur. Comme le plus petit contient généralement la pensée la plus lourde, ce sont souvent des essais philosopiques, leur épaisseur ne me permet pas d’anticiper le temps de lecture, cela nuit à l’organisation de mon temps:)
    A très bientôt.

  8. Vianney 10 septembre 2013 à 13:00 #

    J’ai adoré La Route de Kerouac, mais c’est le seul de lui que j’ai lu donc je trouverai ça présomptueux de le classer parmi mes favoris.
    Manent, je confirme, c’est excellent. Lisez Michael Sandel, si vous vous débrouillez en anglais ça devrait vous plaire (plus que Michéa ou Casto je pense).

    J’avoue mon désintérêt (provisoire ?) pour la théologie, mais j’ai La Condition Ouvrière de Simone Weil qui m’attend.

    A tantôt

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