Laicite-EffelLe mois de février a commencé depuis 10 jours, le gel refroidit les extrémités secrètes, le vent dessèche les épidermes, la peau craquèle, l’homme survit en mangeant la moelle des os à moelle.

On apprend dans les journaux que l’amalgame obture les voies de l’amour et du pain de mie, les communautés religieuses réclament une loi, un décret, un joint de culasse pour assurer leur étanchéité. Il ne faudrait pas que l’éther des croyances se répande dans la société civile. Le joli modèle de laïcité défendu par nos édicules de boulevard ne supporte plus les ténèbres de l’obscurantisme, écrasons l’infâme. Dieu doit rester à la maison, près du poêle ou dans un tiroir, loin des voies publiques et des bureaux de vote. Le citoyen vertueux devra remiser son âme dans une socquette en fil des Causses, il ne la sortira qu’en de rares occasions, le trépas d’un animal domestique ou le ratage du gigot dominical. Toute considération dépassant le cadre légal de l’efficacité immédiate sera soumise à l’examen d’un haut comité technicien, les pensées sans application pratique seront bannies, les références à une dimension non scientifique de l’existence seront punies, la métaphysique se réduira à Télérama et aux petites annonces de Libération.

Prenons garde cependant à la pressurisation du religieux, tel l’artichaut confiné dans sa cocotte-minute il pourrait exploser et réduire les belles raisons techniciennes à l’état d’utilités. C’est le grand message de Jacques Ellul dans Théologie et Technique. A force de refouler le très pieux, il revient au galop. Surtout lorsqu’on l’expose au popotin de Miley Cyrus, fleur de péché et cirrhose de foi. L’appel religieux est rémanent, il persiste au cœur de l’homme même plongé dans un chlorure multiculturel, il est d‘autant plus pressant qu’il doit résister aux tentations, la bête se cabre face à l’obstacle, l’estomac se rebelle devant la soupe aux choux.

Le dilemme est affreux, le confinement du religieux à l’empire domestique est inhumain, son élargissement à la sphère publique conduit à la radicalisation des cloportes en milieu suburbain, spécialement dans une société qui prône la mixité des cultures et l’identité par la consommation, ô rage, ô désespoir, que faire ? Arroser de flouze les jachères libérales, banlieues et campagnes reculées ? Construire des minarets, faire Chabbat et la Mamuralia ? Rajouter du chlore à la chlorure et tout fondre dans la même marmite ? Ces bonnes vieilles recettes ont fait leurs preuves: Charlie Hebdo, Dieudo et les djihadistes blonds.

Changer les proportions, renoncer au mélange, faire des hommes plutôt que des votants, des personnes plutôt que des consommateurs ? Enseigner l’histoire de France, expliquer les religions, enraciner les jeunes pousses dans une terre fertilisée par la mémoire, abattre les idoles d’argent, démonter la supercherie libérale ? Devenir communiste ? Réformer l’éducation nationale encore une fois ? Partir ? Je ne sais, Dieu le sait.  Et David Pujadas, son prophète à 20h.

L’anthropologue barbu a raison contre les marxistes, la culture est la vision partagée d’un destin collectif, elle fonde l’identité et la cohésions des atomes, les conditions économiques de l’existence sont un décor, parfois oppressant, jamais inéluctable, tous les miséreux ne posent pas des bombes, cessons donc de cultiver le ressentiment des immigrés et de leurs descendants en adoptant une posture compassionnelle, les colonies sont un souvenir, les minorités visibles un accessoire de sociologie pour les nuls. Faisons le choix de la langue, de la culture, de l’histoire, de l’enracinement. Laissons une chance aux musulmans de démontrer leur volonté d’intégration, ne la pervertissons pas en savonnant la planche, en leur faisant miroiter une société où l’islam pourrait dicter ses lois, les horaires de piscine, les menus à la cantine et les imams dans les prisons, Rachida Dati y est bien parvenu. Et Malika Sorel. Suivons les femmes, elles indiquent la voie de l’intégration.

Je suis trop long et je m’embourbe. Je ne veux pas que mon propos soit filé par de mauvaises personnes.

“Tu quoque ma fille et semper heart go on by the river of Babylone” belle citation d’Insipide le jeune que je laisse à votre réflexion, térébrante comme un tournevis.

Edouard.

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