outbusterrOutbuster est une aventure, elle se compose d’un fondateur gémellaire et d’alcoolytes masculins dont une femme sublime. C’est un projet né en France dans l’esprit furieux d’un as du marketing à la mode de la première chaîne, Etienne Métras revient de loin, de TF1, d’une grande tour argentée où pendent des jambes en résilles et des souliers pour claquettes, il en a conçu une insondable répugnance pour les concours de danse et une soif de cinéma différent.

Outbuster propose aux visiteurs une galerie inédite de films venus d’ailleurs, longs métrages d’Asie ou du septentrion, on y mange peu de viandes hachées et plutôt avec des baguettes. La chose est exotique, c’est son intérêt et sa grandeur, luttons contre la dissolution des goûts et des couleurs. La philosophie d’Etienne Métras est recommandable, il est contre le grand tout et pour le petit rien, contre le monde mais européen car qu’est-ce que l’Europe sinon la tension vers l’extérieur, vers l’au-dehors, vers l’horizon lointain, je parle ici de l’Europe de la pensée, celle des grecs, des chrétiens et des barbus en toge de percale. Pas de l’Europe du marché et d’Emmanuel Macron, ne cédons pas aux puissances de l’argent, sachons résister à l’escamotage des cultures par la frite, le burger et la tablette. On ne se connaît bien qu’en scrutant l’autre, c’est socratique et peut-être même platonicien, notre regard a besoin d’un miroir ou se mirer la perle, Outbuster est ce réflecteur indispensable. Comment savoir que l’on aime Dany Boon quand on ne connaît pas Makoto Togashi ou Lone Marselia Werness Bekkeheien ?

Chez Outbuster vous trouverez du bon et du très bon, du blanc, du vert et beaucoup de jaune, du drame brésilien à la potacherie mandarine, en tous les cas du jamais vu, de l’extraordinaire à portée de binocles. Vous comprendrez tout car tout est en français dans le texte, pas de doublage déroutant mais d’élégants sous-titres en caractères bonhommes. Vous comprendrez tout car la diversité n’empêche pas l’homme d’être un chinois comme tout le monde, avec son teint jaune et ses cabrioles de prolétaires-de- tous-les-pays-unissez-vous, c’est la vocation universaliste de l’Europe et d’Etienne Métras. Et quand je dis universaliste, je ne pense pas global mais transcendantal. Nous atteignons là le point de non-retour, l’acmé métaphysique de cet article de promotion, Outbuster fait voir l’autre, le différent, sous la même lumière, rayon venu d’en haut qui éclaire et donne un sens. On peut l’appeler humanisme pour faire plaisir mais le plaisir est souvent trompeur, on sait qu’il vient du dehors et qu’il n’est pas de ce monde, on sait ce qu’il n’est pas, une production de l’immanence et du marché qui entretient le goût du même, du tourisme et des multiplexes. Regardons Outbuster en signe de résistance ou parce que l’on a déjà vu La La Land.

Outbuster est une petite boîte, Etienne Métras y entasse ses perles de cultures et laisse la clé dans le fermoir, la clé est à 3 euros, on ne saurait trouver clé plus accessible, et petite boîte plus enrichissante. D’ailleurs l’argent ne compte pas, si peu, ce n’est pas dépenser que de s’offrir un peu d’identité, un peu de l’âme du monde par ricochet et sur un terrain pourtant peu propice aux œuvres d’art : l’internet et son déballé de moutons, tous différents, tous pareils, pourvu que l’on bêle et que ce soit bref.

Outbuster propose des œuvres, c’est révolutionnaire et rétrograde. L’œuvre n’est plus à la mode, elle exige trop, du temps, de l’intelligence, du sens, elle inspire le sentiment qu’il existe peut-être quelque chose de plus grand que soi, c’est angoissant, on lui préfère de grosses koonneries ou des images de loutres se grattant l’estomac à la surface d’un étang. Etienne Métras propose des films de cinéma, de vraies œuvres avec un auteur et une pensée derrière, nippone ni mauvaise mais une intention, le visiteur perdu dans l’absurdité du nombre, de l’information pléthorique et de Kim Kardashian, peut en concevoir un réconfort certain, Outbuster est un repère. Et pas de nihilistes moustachus.

Pour en finir avec cette réclame, inspirée par l’affection fraternelle et le regard vide1 de Jean François Mattei, je vous encourage vivement à prendre un abonnement Outbuster, pour toutes les bonnes raisons expliquées plus haut, le projet culturel, le goût de l’autre, la résistance au nihilisme, le prix modique2 et l’amour du risque, lalalala, mais aussi parce que le ciel est bleu. Point barre. Pour paraphraser la dernière brosse à reluire de Donald.

Edouard.

1 – Essai sur l’épuisement de la culture européenne

2 – Le premier mois est gratuit

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