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Sale bourge – Nicolas Rodier – E

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9782081511514N’obligez jamais votre enfant à manger ses carottes, il finirait dans l’extrême violence et la schizophrénie. Les courgettes sont moins dangereuses.

Sale bourge est un roman utile, il apprend aux lecteurs frivoles que les rigueurs de l’éducation annoncent de tristes lendemains, si vous êtes triste, malheureux ou benoîtement psychotique, c’est que votre papa était de droite. Il faut rendre grâce à Nicolas Rodier de souligner l’évidence, l’ordre et la discipline valent moins que l’amour et l’eau fraîche, ce sont des valeurs qui présagent un tempérament peu amène et un vote populiste. Le bourgeois de Nicolas Rodier est le bourgeois d’antan, celui qu’on enlumine sur des photos sépias, grosses moustaches et petit bedon, très troisième république, survivance cocasse d’un passé qu’à toutes forces les vrais bourgeois 2.0 voudraient ressusciter.

Nicolas Rodier raconte brièvement la vie d’un misérable que son éducation levalloisienne dispose à toutes les névroses. Maman tape et papa crie, d’ailleurs ce dernier préfère Le Pen à Mélenchon, il s’en vante, c’est dire le degré d’ignominie. La mère est un peu fêlée, traumatisée elle-même par une génitrice qui n’aime ni les arabes, ni les homosexuels, ni les féministes (on le devine), elle préfère la bonne vieille trinité sainte et l’ordinaire de la messe. Le père veut que ses fils soient comme lui, en moins bien, c’est freudien et impardonnable. Le couple ne pouvait élever que des névroses, c’était plié dans l’œuf, les trois enfants sont des paquets de vices, des enseignes de cabinets en psychanalyse. Nicolas Rodier n’a eu qu’à tirer la chasse, il en est tombé une histoire toute cuite de résilience mal fagotée, d’hérédité forcée et de féminicide préparé dès le berceau par des cathos zombies (comme les appelle plus justement Emmanuel Todd).

Littérairement c’est pauvre, cela se voudrait bref et implacable comme un coup de canif, c’est juste court et heureusement. Le style est inexistant. On peine à s’émouvoir, c’est tendance, mode, bien fait pour récolter l’onction divine de Elle et Madame Figaro.

La même histoire avait été racontée avec mille fois plus de force par Nicolas Matthieu dans Leurs enfants après eux, un des meilleurs Goncourt de ces dernières années. E.

Edouard.

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